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Geoffrey Geuens : « Obama, Sarkozy, Reynders, Stiglitz et Soros sont unanimes : les gouvernements doivent impérativement « surveiller les banquiers » et, surtout, « restaurer l’État ». À l’heure des licenciements collectifs et de la montée des précarités, voici donc que réapparaissent des slogans que l’on croyait révolus ou, tout au moins, réservés aux seuls altermondialistes. La doctrine régulationniste redevient l’horizon indépassable des principaux dirigeants européens et américains. es prises de position demeurent prisonnières d’une idée reçue : l’extériorité du monde de la haute finance et de l’État. Les gouvernements, longtemps victimes de la pensée unique, doivent à présent reprendre la main.
La dérégulation ? Les pyromanes d’hier s’improvisent en pompiers de la dernière chance. Ce sont bien des démocrates, passés depuis lors au privé, qui ont démonté les garde-fous installés à la suite de la crise de 29. Les socialistes victimes des « marchés fous », de la droite et de l’idéologie libérale ? Mais de qui parle-t-on au juste ? De l’ex-Premier ministre néerlandais Wim Kok qui dérégula, aux Pays-Bas, le marché du travail avant de devenir administrateur d’ING, de TNT et de Shell ? De Blair qui transforma son État social en État pénal pour rejoindre les rangs de JPMorgan Chase et de Zurich Financial Services ? À moins qu’il ne s’agisse de Gerhard Schröder, aujourd’hui conseiller de la famille Rothschild ? Ou encore de Michel Rocard, conseiller du géant financier Terra Firma Capital Partners… »
Pour aller plus loin :
Geoffrey Geuens, La finance imaginaire. Anatomie du capitalisme: des “marchés financiers” à l’oligarchie, éditions Aden, collection Grande bibliothèque, 2011.