Hans Krammisch «Docteur je vais craquer ».

Vendredi 12 Novembre 2010 | 19:30
Stress

Les docteurs Hans Krammisch et Staf Henderickx présentent leur livre «Docteur je vais craquer ». Des extraits seront lus sur scène par les comédiens Frédéric Vanlofveld, Jean-Luc Léonard et Rosario Marmol Perez. Ils passeront ensuite nos deux auteurs sur le gril de l'interview pour découvrir ensemble la réalité du stress au travail aujourd'hui. 

"Quand j'ai commencé mon métier, j'ai encore soigné des patients qui avaient la silicose, la maladie des mineurs, se souvient le docteur Krammisch. Mais la maladie du nouveau siècle, c'est le stress!"

docteur je vais craquerLes entreprises usent rapidement leurs ressources humaines et s'en débarrassent pour les remplacer par de la chair fraîche sans payer le coût social et humain de ces nouvelles méthodes d'organisation du travail.

Les médecins Krammisch et Henderickx organisent la riposte... Hans Krammisch est médecin généraliste à Médecine pour le peuple Seraing. Dans cette maison médicale, en 2002, le C-Dast a été mis sur pied, le Centre de défense et d'action pour la santé des travailleurs. Ce centre assiste les travailleurs confrontés aux maladies professionnelles et collabore avec les organisations syndicales.

Quand les sidérurgistes sont trop fatigués

« Fais nin l’biesse, t’as une bonne plèsse » Ne fais pas l’idiot, tu as une bonne place – boutade en wallon que les sidérurgistes liégeois échangent entre eux au travail.

hans krammischMario est ouvrier dans la phase à chaud. Machiniste de pont roulant, 52 ans, célibataire. Contrat Cockerill, donc stable, en principe. « Docteur, il me faut des jours, je ne tiens plus le coup ! Je n’arrive plus à récupérer et j’ai souvent des coups de pompe. » Avec tous les risques d’accident grave que cela comporte, comme renverser une poche d’acier liquide.

« Ça a surtout commencé il y a deux ans, lorsqu’ils nous ont supprimé notre semaine de repos.»

Quand Mario dit d’emblée de jeu qu’il lui faut « des jours », il s’agit d’une demande non déguisée de se voir octroyer un congé pour maladie. En appliquant la Classification internationale des maladies, établie par l’Organisation mondiale de la Santé, j’obtiens les états pathologiques suivants : « épuisement d’origine professionnelle », « manque de repos ou de loisirs », « troubles du sommeil non organiques » et « somnolence assoupissement ». Quatre diagnostics qui semblent aller de soi.

Le simple fait de travailler en pauses diminue déjà à la fois la quantité et la qualité du sommeil. S’y ajoutent l’effet de la suppression de la semaine de repos et le travail du week-end. Médicalement parlant, une semaine de repos entière ou 7 jours de repos intercalés irrégulièrement n’ont absolument pas la même valeur.

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