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Les cours se donnent les troisièmes mercredis du mois à 16h à la Braise. Les deux conférenciers font cours ensemble et les auditeurs travaillent sur documents originaux: au total 6 séances les troisièmes mercredis d’octobre 2010 à mars 2011.
PAF : 1 euro pour les photocopies). Renseignements : Geneviève Xhayet : g.xhayet@ulg.ac.be
Au Moyen Âge et à l'Époque moderne les métiers, que leur caractère obligatoire met en situation de monopole collectif, ont un pouvoir de règlementation du travail (conditions de l'apprentissage, de l'engagement, salaires, etc..), de la production (normes de qualités, règles de l'art) et de la commercialisation (poids et mesures, conditions de paiement, bourses).
L'apprentissage commence vers 14 ans et sa durée varie selon les corps de métier de 2 ans à 12 ans (4 ans pour la plupart des métiers). L'apprenti (ou l'apprentise quand c'est une fille) est logé et nourri chez le maître (ou la maîtresse quand c'est une fille) auquel ses parents ou tuteurs doivent payer les frais de son entretien: un contrat d'apprentissage est passé par écrit, très souvent devant un notaire. Des écoles professionnelles, qui dépendent des communautés de métier, donnent un enseignement théorique collectif. Une fois reçu, l'apprenti prête serment auprès des jurés, puis il est inscrit comme compagnon de ce métier sur le registre de la ville.
Avec les révolutions bourgeoises, les métiers disparaissent. Nous voyons apparaître des essais de définitions de l'instruction publique "comme moyen et fin de l'idéal de l'égalité dans la liberté". En Belgique, l'obligation scolaire mit beaucoup de temps à s'imposer. C'est seulement en 1914 que l'école devint obligatoire de 6 à 14 ans.
Lecture conseillée : Le savoir de la main. Savants et artisans dans l’Europe pré-industrielle, Paris,Armand Colin, 2009.
De l’Antiquité à la Révolution Industrielle, l’auteur montre l’évolution de la relation entre la technique et la science. Ceux qui écrivaient des livres et n’étaient pas ceux qui pratiquaient les métiers. Les uns étudiaient la nature, les autres la transformaient. Entre eux, il semble exister une cloison imperméable. En réalité, la faute en est aux historiens des sciences et aux historiens des techniques, qui depuis longtemps se tournent le dos.
Prenant à rebrousse-poil l’historiographie classique, ce livre entreprend de montrer comment les connaissances des artisans ont fécondé la pensée scientifique, comment la Révolution scientifique du XVIIe siècle est largement tributaire des techniciens et enfin comment la « nouvelle science » maîtresse de son outil physico-mathématique ambitionne ensuite d’« affranchir les artisans de la routine » en donnant à leur pratique des « fondements certains ». La première réflexion sur l’invention est de chercher celui qui fuit le premier qui a inventé avec une dignification de l’inventeur, une supériorité de fait de la connaissance théorique sur la technique. Mais il y a des transferts entre le monde des « Fabri » et le monde des « savants » avec une dévalorisation de la technique sur le théorique. Exemple des mathématiques : les maths c’est d’abord un ensemble de pratiques agraires, pratiques comptables, de calculs astronomiques, de langage, ... Ce sont des savoirs extrêmement dispersés. Ce ne sont pas les mathématiques mais des procédures de mathématiques, qui seront des secrets . Ne peut-on faire de tous ces éléments un savoir dont on exibe les secrets.
Extrait de la dernière page
« Au détour de l’industrie, le savoir de la main affleure quelquefois et continue d’émerveiller. C’est ce vieux mineur d’Atacama qui prédisait les séismes en écoutant pleurer la montagne, ce petit commerçant qui reconnaissait les faux billets en les froissant à son oreille, ce fondeur zoulou qui crachait dans le métal fondu pour tester sa température, ou ce camarade métallo qui, d’un seul regard au four électrique, pouvait dire : "Monsieur l’ingénieur, à votre place, je remettrais cinquante kilos de manganèse". Ces hommes de savoir, que j’ai eu l’honneur de connaître, sombrent peu à peu dans l’oubli ».
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