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L’époque est révolutionnaire ! En 1452, Gand se révolte aussi contre le même duc de Bourgogne Philippe ‘le Bon’. Et en 1463, la ville de Cologne conteste la nomination de son archevêque Robert de Bavière. Pendant 25 ans le peuple a tenu le pouvoir politique, en appliquant des mesures révolutionnaires : armement du peuple, expropriation des suppôts du prince etc. Il y a eu des périodes de guérilla, avec les couleuvriniers et les Compagnons de la tente verte.
Il y a eu des conflits exemplaires entre révolutionnaires et conciliateurs. Dans l’historiographie belge cette épisode est décrite comme un exemple négatif, où une politique jusqu’auboutiste a mené au sac de la Ville. Le dirigeant populaire Raes de Heers est décrit comme le Staline liégeois. En 1465, Louis de Bourbon cherche asile à la cour de Bourgogne. En octobre 1467, Charles le Téméraire rassemble une armée de 30 000 hommes qui écrase les rebelles à Brusthem. Malgré cette défaite, les Liégeois ne s’avouent pas battus. Au moment où l'avant-garde bourguignonne
campe au faubourg Saint-Léonard, Jean de Wilde tente une sortie par la porte de Vivegnis, évoquée dans la structure en bois au bout de l’Esplanade . Cette sortie est décrite dans les mémoires de ‘messire Philippe de Commines’, « Comment le roy accompagna le duc de Bourgongne, faisant la guerre aux Liégeois, paravant ses alliés ».
« Ce grand nombre de gens, qui estoient en cette avant-garde conduits par le mareschal de Bourgongne. Et s'avancèrent tant qu'ils arrivèrent dans un fauxbourg à l'entrée de la nuict, et n'avoient point fait de logis et aussi n'avoient point de lieu suffisant, et estoient en grand désordre. Les Liégeois, voyans cette folie et ce mauvais ordre, prindrent cœur. Ils saillirent par les brèches de leurs murailles et par des vignes et petites montagnes, couroient sus aux pages et valets, qui estoient au bout des fauxbourgs, où ils pourmenoient grand nombre de chevaux, et en tuèrent très largement; et grand nombre de gens se mirent en fuite (car la nuit n'a pas de honte); et tant exploitèrent qu'ils tuèrent plus de huit cens hommes. Un coup tout le demourant du peuple cuyda saillir par la porte, avec grands fallots et grande clarté. Les nostres avoient quatre bonnes pièces d'artillerie, et tirèrent deux ou trois beaux coups, du long de la grande rue, et en tuèrent beaucoup de gens. Cela les fit retirer de ce fauxbourg, et fermer leurs portes. Y fut blessé messire Jean de Vilde; et mourut deux jours après en la ville, et un ou deux autres de leurs chefs ».
Cette défaite de Liège n’était pas inéluctable : huit ans après le sac de Liège, en 1476, Charles le Téméraire se fait battre par les suisses, qui avaient des moyens autrement moins importants que la cité de Liège.
Bien sûr, la lutte populaire de cette époque avait des limites objectives. La plupart des luttes ont profité au roi de France et à l’Empereur germanique qui ont soutenu toutes les révoltes contre les grands seigneurs féodaux. Le matérialisme dialectique est un outil remarquable pour situer ces luttes.
Concluons avec un extrait du poème de Savitzkaya : « Allons comme nous voulons sur le fil de l’ancienne muraille de la ville étendue à tous ses habitants morts, vivants et à venir, orfèvres, vignerons, retondeurs de façades, liégeois des collines et des prairies,émigrants de toujours et nouveaux migrants, etc… ».
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