Un urbanisme de gauche au XXI° siècle 1ère partie

Urbanisme

Dans la foulée de notre cycle sur l’habitat social, je voudrais faire le point sur l’urbanisme de gauche au XXI° siècle, en vue d’aider notre travail au niveau des communes et villes. Dans cette première partie je fais l’historique de la Charte d’Athènes à la Charte de Leipzig de l’Union Européenne et la déclaration de politique régionale wallonne.

 

Je ne remonterai pas à l’urbanisme à la Blonden ou Haussman du 19°. Le grand classique « La question du logement de Friedrich Engels » est écrit à la même époque.
Je pars de la Charte d’Athènes ; autrement dit des grands principes définis par les congrès internationaux d'architecture moderne (CIAM) et appliqués assez massivement à la sortie de la II° guerre.
Je décris la lutte entre ‘Urbanistes’ et ‘désurbanistes’ en URSS.
Ensuite il y a les architectes et urbanistes communistes dans les pays capitalistes
En Belgique nous avons eu Braems. Des gens comme Niemeyer ou Lurçat (PCF) ont développé une attitude critique envers les CIAM, dont André Lurçat est membre fondateur. L’architecte Jean Nicolas rejoint le PCF dès 1929. Il accueille en 1937 la Vème session des CIAM. Les groupes de HBM de Vitry et d’Ivry des années 1920-1930 étaient les fleurons de la politique sociale du PC. Terre d'élection par excellence du PCF jusque dans les années 1970, la ceinture rouge connait son apogée en 1977 lors de l'union de la gauche. En région parisienne il conquiert 15 villes de plus de 20 000 habitants. Après 1989, la banlieue rouge est ramenée à ses bases de départ des années 1950.
Au niveau théorique, l’historien de l’architecture Anatole Kopp organise en 1966 un colloque franco-soviétique sur l’urbanisme. Dans l’élan du Programme commun, le colloque « Pour un urbanisme… » réunit en 1974 élus locaux, architectes et urbanistes communistes.
Au IXe congrès des CIAM en 1953 un groupe est chargé de préparer le CIAM X. Ce Team X rompt avec le rationalisme de leurs prédécesseurs. Le Team X se veut un simple lieu de réflexion.
En fait, c’est un vide idéologique qui s’installe et la domination sans partage des promoteurs immobiliers. La révolte des banlieues inspire une ‘Politique de la ville’. Ce qui explique que les maître-mots de la « Charte de Leipzig sur la ville européenne durable », adoptée en 2007, sont la cohésion et compétitivité des villes et des régions.
La déclaration de politique régionale wallonne (DPR) s’inscrit dans la charte de Leipzig.
A première vue c’est étonnant de voir aborder l’urbanisme dans l’Union Européenne à partir de la cohésion sociale. C’est encore plus étonnant de voir que la notion ‘Politique de la ville’ couvre en fait 1% seulement des habitants des villes. Mitterrand a lancé cette notion avec «Banlieues 89», après les violences urbaines. La politique de la ville est explicitement territoriale, mais implicitement elle est ethnicisé. On parle de revitalisation, requalification urbaine, de quartiers sensibles, de ségrégations socio-spatiales et de ghettoïsation. Sous prétexte de la mixité sociale on impose une stratégie de déconcentration spatiale des minorités ethniques, de gentrification du territoire mais aussi de sécurisation.

Le bilan de la Charte d’Athènes

Je pars de la Charte d’Athènes ; autrement dit des grands principes définis par les congrès internationaux d'architecture moderne (CIAM) et appliqués assez massivement à la sortie de la II° guerre. La Charte d’Athènes veut caser les quatre fonctions -habiter, travailler, se divertir et circuler – dans des zones différentes. Les Ciam, c’est aussi l'unité d'habitation, non à la rue, le mépris des centres historiques. Le Corbusier : "au-dessus des arbres de la Ville verte, vogue le grand vaisseau de béton de l'unité d'habitation". La vie dans la cité radieuse où « la ville est dans le jardin, complète avec ses logements, son hôtel et ses boutiques, pourrait s’y dérouler sans que les habitants aient à en sortir pour leurs occupations coutumières, sans qu’ils aient à profiter de l’espace vert » (François Parfait dans la revue Urbanisme, 38, 1954).
Les CIAM veulent ‘tuer la rue corridor, ces interminables réseaux d'infrastructures des cités-jardins, banlieues interminables des villes’.
Les CIAM ne sont pas très ouverts à un dialogue avec la société. « L’urbanisme appartient à l’architecte », disait Victor Bourgeois, qui était encore un des protagonistes de la CIAM le plus en phase avec les forces sociales. Le Corbusier note dans sa préface à la réimpression de La Charte d’Athènes, en 1957 : “Dans la période 1941-1942, le mot de Charte apparut comme une injonction à penser droit.” Ce dernier mot est non seulement connoté (Jean Giraudoux, dans son liminaire à la première édition, en 1943, évoque la “phalange” que constituent les partisans des CIAM et réclame “un chef” pour impulser leurs ambitions…) mais aussi daté, il appartient à l’esprit vichyste, tout comme les termes “communauté”, “corporatif”, “ordre”, “autorité” et quelques autres. Le maréchal Pétain promulgue aussi une Charte de l’urbanisme, par la loi du 15 juin 1943…
Les CIAM veulent faire table rase des centres historiques. "Paris est un cancer en bonne santé" disait Le Corbu. Le 5 juillet 1930 Le Corbusier publie sa ‘Réponse à Moscou’: 66 pages, 21 planches de plans. Dans la ligne de son plan Voisin pour Paris, il juge «qu’il est impossible de rêver à faire concorder la ville présente ou future». Les Soviets répondent que « le centre de Moscou n’est pas fossile, et, cerveau principal de la capitale, il se développera encore avec elle ». Le 27 novembre 1930 lors du Ciam de Bruxelles son ‘schéma organique’ pour Moscou devient ‘la ville radieuse’. Il y développe l’idée selon laquelle « les terrains libres de l’URSS apporteront le plan libre». Mais le rapport de Lazar Kaganovitch au Comité Central du PCUS du 15/6/1931 marque l’échec définitif des thèses désurbanistes. L’Union des Architectes de l’USSR appelle à ‘rejeter énergiquement les recettes fonctionnalistes, et de faire une assimilation critique de l’héritage du passé’.
L’IVe CIAM devait originellement avoir lieu à Moscou en 1932. Mais l’enthousiasme n’y est plus, des deux côtés. Finalement, le IV° congrès s’organise autour d’une croisière de Marseille à Athènes en 1933.…
Ce sujet est développé en long et en large sur http://liege.labraise.be/blog/2009/12/09/1612-des-cites-jardins-aux-cong...
La Charte d’Athènes est donc une rupture entre les CIAM et les principes mis en œuvre en URSS à partir du II° plan quinquennal. Mais ne vous laissez pas induire en erreur par mon raccourci ci-dessus : on retrouve cette rupture entre ‘urbanistes’ et ‘désurbanistes’ aussi en URSS. La création de l’Union des Architectes y signifie aussi la fin des thèses constructivistes.

‘Urbanistes’ et ‘désurbanistes’ en URSS

Figure emblématique de l’urbanisme socialiste, Nikolaï Milioutine (1889-1942) publie en 1930, en tant que président de la Commission pour la construction des villes soviétiques, son livre ‘Sotsgorod'. Le problème de la construction des villes socialistes’ (Paris, Les Editions de l’imprimeur, 2002, p.106; en russe, 1930). L’architecte allemand Ernst May, qui dirigera, entre autres, le projet de ville minière de Magnitogorsk, fera traduire l’ouvrage. L’URSS développera la politique volontariste la plus intensive de construction de villes nouvelles connue jusqu’à présent avec plus de 1.200 réalisations en soixante ans. Le modèle soviétique sera reproduit en en Pologne (Nowe Tychy, Nowa Huta, etc.), Hongrie (Dunaujvaros, Komlo, Varpalota) et en Chine où une soixantaine de villes nouvelles industrielles ont ainsi été créées autour de Shanghai. Anting New Town est ainsi accolée à Anting, ville satellite de l’industrie automobile.
Milioutine développe le concept de micro-raïon, «composé d’un complexe d’immeubles de logements et de bâtiments pour les services de la vie quotidienne pour la population (jardins d’enfants, crèches, écoles, cantines, équipement commercial de proximité, aires de sport et jardins)». Ce micro-raïon sera l’unité fonctionnelle élémentaire de la ville soviétique. L’assemblage des cellules d’habitation et des équipements proposés par Milioutine suivait le concept de ville linéaire et pouvait être implanté «en ligne le long de la route». Chaque micro-raïon forme un grand bloc et leur juxtaposition standardisée dessine un tissu en damier. Milioutine voyait dans la cité-jardin (éloignée de la ville, destinée uniquement à l’habitat et constituée principalement de maisons individuelles), un projet bourgeois. Dans sa lutte contre le capitalisme, la ville et la campagne ne devaient pas être dissociées. De nombreux projets de concours de villes furent examinés par Milioutine, parmi lesquels Stalingrad. Il proposa à plusieurs reprises des modifications pour une organisation linéaire capable de se développer dans les deux sens, suivant le système de la chaîne de production par juxtaposition de bandes parallèles: chemin de fer, usine, zone verte, route, zone résidentielle, parc, rivière. L’organisation idéale pour Milioutine était celle qui minimiserait les temps de déplacement entre l’habitat et le lieu de production. Le chemin de fer définit les grands axes de localisation des villes nouvelles industrielles soviétiques. En principe, l’ouvrier socialiste devait pouvoir accéder à pied à l’usine. Réduire les infrastructures coûteuses était un des paris. Bus, taxis et bateaux remplaceraient les tramways, viaducs et tunnels.
Finalement, les discussions entre «urbanisme» (dans le sens aujourd’hui de «ville compacte») et «désurbanisme» («ville diffuse»), sont toujours d’actualité. Mais il est difficile de généraliser ces expériences intéressantes liées à une situation où les moyens de production sont socialisés. Rappelons-nous la phrase de Corbu : « les terrains libres de l’URSS apporteront le plan libre». Sans expropriation on a un autre urbanisme…
Voir aussi Jay Rowell, « La ville socialiste introuvable : une catégorie d’action et de signification en RDA » (L’Année sociologique, vol. 58, no 1, 2008, p. 143-167).
« Actes du 1er colloque franco-soviétique de géographie urbaine » (Villes en parallèle nº 3 1980)
« Croissance et structures urbaines dans les pays socialistes européens » (Villes en parallèle nº6 1982).
« La ville soviétique avant la perestroïka » (Villes en parallèle nº nº 26-27 1998).
Architectes et urbanistes communistes dans les pays capitalistes
Il y a aussi une série de grands architectes communistes dans les pays capitalistes. En Belgique nous avons eu Braems. Voir (en néerlandais) ses projets sint-maartensdal en de potenblokken. Des gens comme Niemeyer ou Lurçat ont développé une attitude critique envers les CIAM. Oscar Niemeyer porte par exemple le jugement suivant sur Brasilia, où il a été responsable de l’architecture, de l’architecture seulement: « J’appartiens au Parti communiste depuis 1945. Lors de la construction de Brasilia, on pensait que ce serait une cité heureuse. Mais une fois que la ville a été terminée, j’ai eu un choc: c’est une cité moderne, mais une ville de la discrimination, de l’injustice, de la séparation entre les riches et les pauvres, ceux-ci, comme partout, rejetés à l’extérieur de la ville qu’ils ont construite…J’ai été responsable de l’architecture, de l’architecture seulement. Mais quand je pense à ce que doivent être les villes, je tiens qu’elles doivent réunir tous les types de population. Le développement industriel s’est fait à l’écart des cités, et avec les industries les ouvriers y sont relégués. La seule cité digne de ce nom doit regrouper toutes les activités de tous les hommes: elle doit être un bien commun. Cela est réalisable, à condition que l’on veuille bien prendre les problèmes à leur base. Et ici il est simple : que toute l’industrie soit rendue non polluante. Mais un tel projet se heurte évidemment aux assises de la société capitaliste. Et l’architecte n’a pas le pouvoir de la changer. Mais il peut protester contre la notion de ‘cité-ouvrière’, de ‘maisons ouvrières’. Les ouvriers n’ont pas besoin de ces cadeaux. Ce qu’il faut, c’est changer la société ».
Le même Niemeyer, lors d’une expo consacré à ses œuvres au musée des Arts décoratifs à Paris: « Je me sens déprimé devant ces travaux que vous allez examiner. J’ai construit des édifices publics pour l’état, j’ai travaillé pour les riches. Rien que cela. Jamais je n’ai pu travailler pour les classes défavorisées, pour tout ce monde des pauvres qui constitue la plus grande part de mes frères brésiliens ».

En France nous avons eu Lurçat, grand urbaniste du communisme municipal. Lurçat a son premier conflit avec les ‘modernistes’ en 1929. Il est invité à Moscou en 1934 et y travaille jusqu’en 1937. Le 31/1/1934 il prononce à Moscou un discours sur ‘L’architecture contemporaine en Occident’ où il explique ses divergences avec Corbu. Corbu adresse le 6/2/34 au CIAM un réquisitoire contre Lurçat. Une Commission d’enquête qui réunit Bourgeois, Gropius, Giedion décide néanmoins un non lieu.
Quand communisme municipal rimait avec laboratoire urbain

La notion de « banlieue rouge » émerge en 1924 lorsque Paul Vaillant-Couturier baptise de ce nom les mairies communistes de banlieue parisienne prises par le PCF : des communes de banlieues très majoritairement composées d'ouvriers, dont l'économie repose sur de grandes usines.
L’architecte Jean Nicolas rejoint le Parti communiste français (PCF) dès 1929. Il devient secrétaire général de la Maison de la Culture, où il croise André Malraux. C’est la Maison de la Culture qui accueille en 1937 la Vème ses¬sion des CIAM.
Les groupes de HBM de Vitry et d’Ivry des années 1920-1930 étaient les fleurons de la politique sociale du PC. Un documentaire de 1938, “Les Bâtisseurs”, commandé par la Fédération CGT du bâtiment, donne longuement la parole à Le Corbusier, et le film place l’architecture fonctionnaliste dans la lignée de la construction des cathédrales. ‘Aubervilliers’ (1946), un film de Jacques Prévert Lotard, commandé par le maire Charles Tillon, montre la misère noire du logement en banlieue. Les municipalités communistes réclament des logements.
André Lurçat est membre fondateur des CIAM. Nous avons déjà mentionné son discours critique sur Corbu en 1934. Il participé à la création du Front national des architectes résistants. Fin août 1944, à la tête d’une délégation du Front national des architectes (FNA), l’arme au poing, Lurçat fait le siège de l’Ordre des architectes créé par le gouvernement de Vichy
À la fin de 1944, Lurçat est nommé urbaniste en chef de la reconstruction de Maubeuge, par le Gouvernement Provisoire du Général de Gaulle. Lurçat convoque les Maubeugeois à participer à « la Bataille de la reconstruction » et les invite à s’exprimer dans des « meetings d’urbanisme ». Puis il crée le Comité local d’urbanisme avec des représentants des corps de métiers, de syndicats, d’associations, et des sinistrés pour mettre au point le projet.
Ce souci de mobilisation et de dialogue avec les forces vives distingue fondamentalement les urbanistes communistes des CIAM. A la même époque Saint Dié refuse les plans de reconstruction de Corbu.
Lurçat s’oppose aussi au démantèlement complet des fortifications de Vauban malgré le grand nombre de Maubeugeois qui militent pour leur destruction. Il obtient leur classement au titre de Monument Historique en 1947. Ce respect pour l’histoire est aussi une rupture implicite avec les CIAM.
A la même époque, le PCF demande au nouveau maire Auguste Gillot de faire de Saint Denis un modèle de ville ‘moderne’. En tant qu’architecte et urbaniste en chef de la ville de Saint-Denis, Lurçat a le souci omniprésent de conserver le lien entre l’habitant et sa ville. Il maintient toujours le rapport à la ville ancienne en créant des perspectives visuelles qui luttent contre l’isolement de ses cités.
L’implantation des nouveaux quartiers en symbiose avec la ville est un troisième élément distinctif par rapport aux CIAM.
Niemeyer construit lors de son séjour à Paris, à partir de 1965, le siège du Parti Communiste Français, place du Colonel Fabien : une architecture simple, inventive et différente, pour représenter l’essence même du PCF: « Le béton, ce matériau merveilleux, a été réduit par les dogmes du fonctionnalisme à la monotonie que nous connaissons. Le siège du P.C. est une architecture qui fonctionne bien et qui est nouvelle. Je n’ai pas bâti un cube de verre ‘rationnel’, un aquarium, mais un palais. Le siège du P.C. est une leçon d’architecture sur la libération de l’espace. Et cette libération essentielle de l’espace pourrait rendre aussi à la ville sa végétation… »
Les élus des plus petites communes se tournent vers l’Atelier d’urbanisme et d’architecture (AUA). Avec l’Atelier de Montrouge, également proche du PCF, l’AUA est une des sources du renouveau architectural français des années 1960.
L’historien de l’architecture Anatole Kopp organise en octobre 1966 un colloque franco-soviétique sur l’urbanisme et la construction. Kopp a découvert l’URSS en 1956, par le biais d’un voyage de la commission architecture du PCF. Il travaille alors sur l’architecture soviétique des années 1920 et publie ses recherches dans Ville et Révolution (Paris, Seuil, 1972). Anatole Kopp publie aussi ‘Changer la vie, changer la ville. De la vie nouvelle aux problèmes urbains’ (URSS 1917-1932, Paris, 10/18, 1975) et ‘L’architecture de la période stalinienne’ (Grenoble, P. U. G., 1985)
Dans l’élan du Programme commun, le colloque « Pour un urbanisme… » réunit en avril 1974 à Grenoble élus locaux, architectes et urbanistes communistes.
Terre d'élection par excellence du PCF jusque dans les années 1970, la ceinture rouge de Paris s'est réduite avec le déclin électoral amorcé en 1981. La banlieue rouge existe-t-elle encore en 2010 ? La banlieue rouge connait son apogée en 1977 lors des élections qui voient le triomphe de l'union de la gauche. En région parisienne il conquiert 15 villes de plus de 20 000 habitants et domine la petite couronne. Après 1989, la banlieue rouge est pour l'essentiel ramenée à ses bases de départ des années 1950, c'est-à-dire aux fiefs historiques du PCF.
Je mentionne, pour être complet, Henri Lefebvre, ne fût-ce parce qu’il était en Mai 68 prof à Université de Paris X-Nanterre et qu’il se met en avant dans ce mouvement. En 1940, il avait rejoint la Résistance. Il est exclu du PCF en 1958 pour son rejet sans concession du stalinisme. En 1960, il signe le manifeste des 121 pour le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie. Il finit son parcours à l'Institut d'urbanisme de Paris.
Il s'est occupé des problèmes d'urbanisme. Il formule notamment la nécessité de l'affirmation d'un nouveau droit, le droit à la ville. L'espace est le produit de la société, chaque société et valeur doit produire son espace. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la ville et l’urbain, dont 'Terre urbaine. Cinq défis pour le devenir urbain de la planète' (2007), 'Habiter, le propre de l’humain' (collectif, 2007), 'La Folie des hauteurs. Pourquoi s’obstiner à construire des tours ?' (2008) et 'Ghettos de riches. Tour du monde des enclaves résidentielles sécurisées' (collectif, 2009). Sur base du peu que j’ai lu, je trouve qu’il travaille fortement sur des notions d’aliénation et d’autres idéalismes ; notions qui ont été développés par le jeune Marx mais qui ne sont pas pour autant marxistes, pour autant que quelqu’un peut prétendre à ce titre…
Le team X et la "Nouvelle Charte d'Athènes"
Au IXe congrès des Congrès internationaux d'architecture moderne en 1953 un groupe est chargé de préparer le CIAM X qui se déroulera à Dubrovnik en 1956. Ce Team X ou encore Team Ten est en rupture avec les conceptions rationalistes de leurs prédécesseurs. Ca sera le chant de cygne des CIAM: peu après est prononcé leur fin. Le Team X n'a pas développé de théorie à proprement parler. Il se voulait un simple lieu de réflexion. La rupture se cristallise pour une grande part sur une différence de conception de la rue. De la rue « machine à circuler », les « jeunes » passent à la rue qu'ils désignent comme « association humaine ».
Le Conseil Européen des Urbanistes (CEU) par contre ne se contente pas de ce simple lieu de réflexion. Il présente la "Nouvelle Charte d'Athènes" en 1998. Cette Charte a été révisée en 2003 lors d’une conférence internationale à Lisbonne (rien à voir avec le traité de Lisbonne).
La SFU (Société Française des Urbanistes), qui a contribué pour la France à la rédaction, lui préfère toujours le titre de "Charte pour l'urbanisme des villes du XXIème siècle" ou "Charte de Lisbonne" afin d'éviter la confusion avec la célèbre "Charte d'Athènes", ‘dont le caractère messianique ne prenait en compte ni analyse sociologique ni besoins ou avis de la population’.
Mais une nouvelle idée aussi messianique pointe à l’horizon de cette nouvelle Athènes. C’est la compétitivité des villes. Extraits : « Une ville cohérente sur le plan social sera capable de fournir un plus grand sentiment de sécurité et mettra ses habitants plus à l’aise. Au XXIème siècle encore, les villes économiquement réussies seront celles qui auront su capitaliser sur leurs avantages compétitifs. Un haut degré de connectivité multi-niveaux sera pour elles un atout majeur. Pour une ville recherchant la cohérence, capitaliser sur ses arguments culturels et naturels, en jouant de ses valeurs héritées de l’Histoire et en mettant en avant sa singularité et sa diversité, deviendra de plus en plus un avantage significatif. De même, l’offre d’un cadre de vie et de travail plaisant, sain, et sûr, augmentera considérablement dans le futur les chances des villes de rester attrayantes en réponse aux exigences croissantes des activités économiques sollicitées de toutes part ».
La PARTIE B 'Questions et Défis' soulève néanmoins quelques points intéressants et critiques: « A travers l’Europe, des changements radicaux dans la gouvernance influencent le contexte de l’aménagement et de la gestion des villes. La dérégulation et la privatisation offrent de nouvelles voies pour financer et permettre les projets de développement. Les villes, forcées à rentrer dans la mise en compétition des investissements entre différentes villes, adoptent fréquemment un style entrepreneurial de gestion avec des visions à plus court terme et surtout avec des objectifs guidés par les aspects financiers, bien différemment de ceux traditionnellement associés à l’activité des pouvoirs publics locaux dont la fonction première était l’intérêt public. Cela s’exprime, par exemple, par le développement de nombreux partenariats public/privé, par un net engagement dans les approches et techniques du marketing urbain ou dans la recherche d’investissements promotionnels. Ceci conduit parfois les pouvoirs publics locaux à négliger l'implication du public dans les politiques d'urbanisme stratégique. Des manquements à la démocratie pourraient peut-être émerger dans des villes qui s'appuieraient trop sur le secteur privé pour distribuer les bénéfices sociaux du développement. Beaucoup de citadins déshérités sont exclus des bénéfices des communications modernes, des transports, des équipements et des services. Des zones spécifiquement dédiées à des consommateurs aisés tendent fréquemment à se développer dans des environnements clos, tandis que les habitants pauvres restent sans abri ou vivent dans les secteurs en déclin des centres-villes ou des banlieues.
De très importants problèmes financiers et sociaux auxquels beaucoup de villes se confrontent aujourd’hui conduisent à des défaillances dans la pratique de la démocratie locale parce que des autorités publiques laissent au marché libre des pans entiers de leur responsabilité de l’intérêt collectif ».

Je ne sais pas dans quelle mesure cette "Nouvelle Charte d'Athènes" a inspiré l’Union Européenne. Toujours est-il qu’il y a pas mal de convergences avec la Charte de Leipzig sur la ville européenne durable.
La Charte de Leipzig sur la ville européenne durable
Les maître mots de la Charte de Leipzig sur la ville européenne durable, adoptée le 24 mai 2007, sont la cohésion et compétitivité des villes et des régions. "La Charte de Leipzig est fondée sur la conviction des Etats-Membres de la nécessité de promouvoir la cohésion territoriale de l’Union Européenne tout en poursuivant les objectifs des Stratégies de Lisbonne". Un tiers du budget de l’Union Européenne est affecté à la politique de cohésion: « L’Union œuvre en faveur de la convergence et de la compétitivité des villes et des régions grâce à sa politique de cohésion, à laquelle elle a alloué quelque 350 milliards d’euros, soit 35,6 % du budget total, pour la période 2007-2013 ».
Cette Charte est en fait une Charte Partenariat Public Privé. Quelques extraits : « une politique de développement urbain intégré par l’association des acteurs économiques, des groupes d’intérêt et du public (p.2). Le rassemblement des connaissances et des ressources financières permet de mieux concerter les investissements publics et privés. Mettre à profit et coordonner l’utilisation des moyens financiers mis en place par les agents publics et privés ».
C’est à partir de cette compétitivité qu’une série d’axes sont définis : « gérer l’offre de terrains et contenir toute tendance à la spéculation. L’aménagement de quartiers urbains mixtes d’habitat, d’activités professionnelles, de formation, d’approvisionnement et de loisirs apparaît comme étant particulièrement durable. Une politique d’intégration sociale qui combat les inégalités et l’exclusion sociale est la meilleure prévention pour garantir le maintien de la sécurité dans nos villes. Une politique de logement social bien conçue constitue un moyen efficace pour atteindre la cohésion sociale. Pour trouver la meilleure solution pour chaque quartier urbain défavorisé, une participation active des habitants et une intensification du dialogue entre les responsables politiques, les habitants et les acteurs économiques s’avèrent indispensables.
Les principaux objectifs de la Charte sont de renforcer les centres villes afin de mettre un frein au phénomène de l’étalement urbain, de prêter assistance aux quartiers défavorisés afin que ces quartiers ne nuisent pas à l’attractivité, à la cohésion sociale et à la compétitivité des villes ».

Le sociologue et urbaniste Alain Bourdin (Du bon usage de la ville; 2009 et L’urbanisme après la crise; 2010) questionne les croyances entourant les propos tenus sur la concurrence. Le « mille-feuille » institutionnel et décisionnel d’investisseurs et promoteurs a ses « mots-valises », comme « mixité sociale », hissée au rang de dogme de la pensée urbanistique des années 1990, ou la lutte contre l’« étalement urbain », véritable impératif catégorique des politiques urbaines environnementales des années 2000. Or, ces mots-valises agissent comme des masques, voire des alibis, qui occultent les croyances les plus solidement ancrées de l’urbanisme libéral : que « tout est affaire de concurrence ». Que l’organisation d’événements est le meilleur moteur du développement urbain. Que l’architecture et l’urbanisme eux-mêmes doivent faire événement. Que l’effet d’image – comme le musée Guggenheim à Bilbao – prime sur l’effet d’usage. Qu’il existe une « méthode idéale » pour assurer cette compétitivité, avec ses « points de passage obligés »: l’apologie de la « concertation » publique ou encore la promotion de la « ville durable » (expression pour le moins confuse, tant d’un point de vue théorique que pratique).
Par « urbanisme libéral », Alain Bourdin identifie un véritable modèle de production urbaine : de très grandes opérations financées par un petit groupe d’investisseurs, conçues par un groupe restreint de vedettes architecturales et construites par un oligopole de majors de la construction. De même, la propension croissante de l’urbanité à se dissoudre dans un faisceau d’événements n’est-elle que le produit d’une logique de compétition urbaine propre aux deux ou trois dernières décennies ?
La déclaration de politique régionale wallonne s’inscrit dans la charte de Leipzig
La déclaration de politique régionale wallonne (DPR) s’inscrit dans la charte de Leipzig: la densification, la reconstruction de la ville sur la ville (p. 34), la mobilité douce, la mixité des fonctions, le retour des activités économiques en ville, la promotion du commerce de proximité, le développement équilibré de l’ensemble des fonctions économiques. La DPR souhaite délimiter les noyaux d’habitat sur base de critères objectifs et qualitatifs. Le Gouvernement s’engage à examiner la mise en œuvre d’une politique foncière régionale au travers d’un fonds spécialisé pour les acquisitions et les expropriations, d’une adaptation du mécanisme de financement des communes, d’un dispositif de gestion des plus-values et moins-values d’urbanisme, et d’un recours accru au droit de préemption et aux autres outils fonciers (p. 137). Le Gouvernement veut tendre vers un objectif de 20 % de logements au loyer conventionné sur l’ensemble du territoire wallon (p. 88). Ces logements seront publics, associatifs ou privés (pris en gestion ou conventionnés). Chaque commune devra tendre vers une proportion de 10 % de logements publics ou subventionnés, mais celles qui en ont plus pourront continuer à développer plus de logements sociaux. Il faut intégrer des fonctions telles que le commerce dans des opérations de création et de rénovation de logements publics afin de promouvoir la mixité sociale et l’équilibre financier des sociétés de logement ;
concentrer l’action des communes qui ne disposent pas de réserves foncières suffisantes sur leur territoire pour la construction de logement neufs, sur des opérations d’acquisition-rénovation et sur la mobilisation du patrimoine inoccupé ; développer la procédure des partenariats public-privé pour la mobilisation des terrains publics ou parapublics à affecter à la politique du logement ; doter la région d’un schéma de développement commercial, assorti d’une cartographie permettant de réaliser des simulations multicritères, de manière à outiller les communes pour l’examen des projets commerciaux , et assumer une politique cohérente par « bassin de vie » dans l’octroi des permis socio-économiques. Le report modal par la construction de parkings de dissuasion qui permettent aux automobilistes de laisser leur voiture en sécurité à l’entrée des villes et de prendre en suite les transports en commun.
Le SDEC est un schéma élaboré par l'Union Européenne pour coordonner l'aménagement et le développement du territoire des différents Etats de l'Union.
Le SDER  (Schéma de Développement Espace Régional) s'inscrit dans le SDEC. Certaines communes comme Herstal ont un Schéma de Structure Communal.
Je ne vais pas développer ici la critique des partenariats public-privé. D’autres ont déjà développé des critiques sur le PPP au niveau enseignement. L’idée à la base de la cohésion sociale est évidemment la collaboration de classes, où c’est toujours les mêmes qui sont les dindons de la farce.
Ceci dit, je crois qu’on peut souscrire au concept d’aménagement de quartiers urbains mixtes d’habitat, d’activités professionnelles, d’approvisionnement et de loisirs, de renforcement des centres villes afin de mettre un frein à l’étalement urbain, d’assistance aux quartiers défavorisés ainsi qu’une politique de logement social bien conçue. La participation active des habitants est essentielle. Notre activiste belge Brees montre, à partir de l’aménagement du quartier du Midi à Bxl comment cette mixité et ces promesses de logement (social ou autre) servent souvent de feuille de vigne aux promoteurs. Et la participation active des habitants se réduit à une consultation bidon qui met ces mêmes promoteurs à l’abri de toute procédure de contestation….

Politique de « la » ville et cohésion sociale

A première vue c’est étonnant de voir aborder l’urbanisme dans l’Union Européenne à partir de la cohésion sociale. C’est encore plus étonnant de voir que la notion ‘Politique de « la » ville’ couvre en fait 1% seulement des habitants des villes. C’est Mitterrand qui a donné ce ton en lançant «Banlieues 89». Quatre cents quartiers ‘posaient des problèmes’ dans les grandes villes françaises. Les efforts de l'État seront concentrés sur la diversité de la vie collective pour «casser» les mécanismes d'exclusion ; la participation les habitants et particulièrement les jeunes à la renaissance des cités ; la création d’emplois pour les habitants de ces quartiers. Mitterrand voulait que les 400 communes «très riches» permettent aux 400 communes où se trouvent les quartiers en difficulté de disposer de moyens financiers pour en mener à bien la rénovation. «Banlieues 89» voit le jour après les violences des Minguettes et de La Courneuve. Pour l'architecte Roland Castro, c’est «civilisation urbaine ou barbarie. Soit on va se bouger sur la ville, soit il va arriver des choses vraiment graves dans cette société, un déchirement social ». De déchirement social il n’y a qu’un pas à « cohésion sociale ».
Roland Castro a pourtant un bon pédigrée : militant pro FLN, il rejoint le Parti communiste en 1961 avant d’évoluer en 1967 vers les maoïstes de l’Union de la jeunesse communiste marxiste-léniniste. En mai 1968, il en est le représentant à l’école des Beaux-arts. En 1969, il co-fonde le mouvement « Vive la révolution », auto-dissous en 1971. Son rapprochement avec François Mitterrand date de 1976. En 1992, barre à droite : il devient consultant de Charles Pasqua. Il effectue ensuite un nouveau virage vers le PCF, sous Robert Hue.
La politique de la ville est explicitement territoriale, mais implicitement elle est ethnicisée. On parle de revitalisation, requalification urbaine, de quartiers sensibles, d’un plan Marshall pour les banlieues, de ségrégations socio-spatiales et de ghettoïsation. On s’abrite derrière le vocabulaire de la mixité sociale et de composition ethno-raciale des quartiers pour imposer une stratégie de déconcentration spatiale des minorités ethniques, de gentrification du territoire mais aussi de sécurisation.
Thomas Kirszbaum fait, à juste titre, le parallèle avec la « rénovation urbaine » aux Etats-Unis, connue sous le negro renewal ou de « bulldozer fédéral ». Les États-Unis ont été le plus loin dans la mise en place de politiques de lutte contre la ségrégation résidentielle. Les quartiers américains sont engagés dans une dynamique de « déghettoïsation » et ressemblent désormais à des patchworks. Le programme HOPE VI (Housing Opportunities for People Everywhere) voulait d’en finir avec les grands ensembles d’habitat social, avec 150 000 démolitions pour 1,4 million de logements sociaux. Il s’agit d’une combinaison de ‘place and people’ : le programme, nourri des visions du New Urbanism (faibles densités, nostalgie des solidarités et des organisations vicinales) vise conjointement mobilité (volontaire) des habitants et rénovation de leur habitat. Thomas Kirszbaum voit dans le renforcement des interventions publiques de rénovation urbaine une logique néolibérale, car relevant d’un principe d’investissement qui n’est pas nécessairement immédiatement en faveur des plus pauvres.
fiche de lecture sur ce sujet : Rénovation urbaine. Les leçons américaines KIRSZBAUM Thomas Presses universitaires de France (coll. La Ville en débat), 2009, 86 p.
La ‘Politique de « la » ville’ cible officiellement l’habitat mais cible en réalité l’habitant. Or, les problèmes de l’habitat sont d’abord des problèmes d’habitants et de peuplements, plutôt que de bâti et de travail social.Un petit exemple concret: F. Daerden dit qu’il ne veut pas « à tous crins augmenter la population de la ville de Herstal : notre volonté est de définir une stratégie pour un cadre de vie plus harmonieux avec plus de mixité sociale. » La mixité sociale est dans ce cas-ci un beau terme qui couvre une stratégie d’attirer des revenus moyens dans la ville. La compétitivité ne joue pas seulement au niveau d’attirer des entreprises ; c’est aussi la concurrence entre communes pour attirer ces revenus moyens. Les 262 communes de Wallonie se battent pour recueillir les plus gros revenus pour augmenter leur base fiscale et leurs recettes.
Selon Kirszbaum, on pourrait poursuivre une mixité « endogène » visant à élever la condition économique des habitants actuels des quartiers pour former en leur sein une classe moyenne qui deviendrait dominante et ne déménagerait pas. On pourrait essayer la mixité dans les espaces non-résidentiels – comme l’école ou l’entreprise – par des actions résolument tournées vers la mobilité individuelle.
Mais les premières évaluations des relogements effectués à la suite des démolitions engagées dans les quartiers dits sensibles, au nom de la rénovation urbaine et de la mixité sociale, montrent que les habitants sont massivement relogés dans des quartiers de même nature. On substitue une population à une autre dans le but tacite de favoriser le « retour des Blancs ». La mixité sociale reste ce qu’elle n’a cessé d’être depuis la fin des années 90 : un argument potentiellement discriminatoire (au sens négatif du terme) pour modifier le peuplement des «cités » – et seulement de celles-ci – en agissant sur leur composition résidentielle. À défaut d’avoir inspiré une formule de discrimination positive centrée sur la mobilité résidentielle des minorités, la mixité sociale peut en effet restreindre leurs opportunités résidentielles dans les quartiers où les acteurs des politiques de l’habitat estiment que ces populations sont en surnombre.
Le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, deux ados meurent électrocutés dans un transformateur. La plus grande révolte qu’aient connue les banlieues françaises durera trois semaines, gagnera 200 villes, détruira 10 000 véhicules et nombre d’infrastructures pour une valeur de 250 millions d’euros.
L’émeute est d’abord un constat d’échec de Banlieues 89. Quinze ans plus tard le problème est toujours là. C’est un défie à l’austérité néolibérale, à la ségrégation par l’urbanisme, aux discriminations et violences policières. Cette faillite est celle de la politique de la ville et d’immigration.
Voilà le contenu de la politique de la ville et de la cohésion sociale la Charte de Leipzig. Dans une deuxième partie, je voudrais développer les alternatives à la Charte de Leipzig. Sur quelles bases développer un urbanisme de gauche au XXI° siècle ?

    Mots-clés:

Bulletin d'infos

Restez au courant de nos dernières nouvelles!

Syndiquer le contenu

Commentaires récents

Nuage de mots-clés