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Le Viertelsberg de Hirschel Levy Marx faisait partie du domaine Grünberg qui appartenait à une abbaye. Le vignoble était néanmoins pas le premier cru: il y avait d’abord le Abtsberg (mont de l’abbé), et ensuite le Bruderberg (mont des frères). Le Viertelsberg (mont du quart) était pour les serfs qui devaient laisser un quart de leur récolte à l’abbaye. Papa Marx avait le nez pour les vins: son vignoble “Viertelsberg” fait aujourd’hui partie du domaine très chic ‘Grünhausdomein’ à Mertesdorf : c’est un peu le Saint Emilion de la région.
Le musée Karl Marx commande son vin du ‘Weingut Erben von Beulwitz’ dans le même Mertesdorf.
Papa Hirschel Levy Marx avait d’ailleurs pu acheter ce vignoble grâce à Napoléon, qui « en passant » a jeté toutes les lois anti-juives de Prusse dans la poubelle de l’histoire. Sous l’ancien régime il était interdit aux juifs de posséder de l’immobilier. Ce qui explique qu’on les retrouvait facilement dans le mobilier et les finances.
Marx n’était pas ascète par principe. Il disait lui même que les cigares qu’il a allumés lors de l’écriture du CAPITAL ont coûté plus que tout ce que le livre a pu lui rapporter. Même dans les années où le pain noir était la règle chez la famille Marx il pouvait apprécier un bon verre de vin. Le 12 november 1866 Karl Marx écrivait de Londres une lettre à Francois Lafargue, négociant bordelais et père de son futur beau fils Paul Lafargue
“My dear Mr Lafargue,
I hope our friend il amoroso [Paul Lafargue] has apologised to you on my behalf for my inexcusable silence. On the one hand, I have been plagued by constantly recurring illness, on the other, I have been so taken up by a very lengthy work [Capital] that I have neglected my correspondence with my closest friends. My sincere thanks for the wine. Being myself from a winegrowing region, and former owner of a vineyard, I know a good wine when I come across one. I even incline somewhat to old Luther’s view that a man who does not love wine will never be good for anything. (There are exceptions to every rule.) “
Selon le site du Château Margaux, Engels aurait demandé à Karl Marx : « Quel est ton plus grand bonheur ? » Marx répond: « Une bouteille de Château Margaux 1848 ! ». 1848 était sans doute un milésime pour la revolution en Europa ; mais je n’oserais porter un jugement sur le Margaux de cette année.
Mais son goût pour le vin ne lui a jamais fait oublier qui faisait le vin.
Dans la "Neue Rheinische Zeitung" de 1848 Marx a décrit la misère chez les vignerons de la Moselle. En 1834 le Zollverein détruit toutes les barrières douanières en Allemagne. Les v
ins du Moselle, qui étaient jusqu’à cette époque les seuls vins de la Prusse, subissent de plein fouet la concurrence des vins bon marché du sud. Un certain Dr. Felix Meyer décrit dans „Der Weinbau an Mosel, Saar und Ruwer” la crisis de 1830-50: “L’alcoholisme devenait un fléau. Des petites dettes étaient bues. Pour 15 Pfennig on pouvait partout boire une grande cruche de vin et pour 50 Pfennig on recevait les clefs du cellier”.
L’article de Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois », est paru en plusieurs livraisons dans la Rheinische Zeitung, entre le 25 octobre et le 3 novembre 1842. La bourgeoisie libérale rhénane qui soutenait ce journal défendit certains acquis de la Révolution française. Cela détonnait au sein de l’empire prussien. Marx: « En 1842-1843, je dus, en ma qualité de rédacteur en chef de la Rheinische Zeitung, parler pour la première fois, et avec le plus grand embarras, de ce qu’on appelle les intérêts matériels. Les débats de la Diète rhénane sur le vol de bois et le morcellement du sol, et sur la situation des paysans de Moselle, me donnèrent pour la première fois l’occasion de m’occuper de questions économiques. »
La proposition de loi relative au vol de bois soumise à la Diète au nom de Frédéric-Guillaume, « Roi de Prusse par la grâce de Dieu », concernait « les dérobements suivants :
Il s’agissait de sanctionner l’appropriation illégale de bois et autres produits forestiers par des paysans massivement paupérisés.
« Pour s’approprier du bois vert, ironise Marx, il faut l’arracher avec violence de son support organique. Cet attentat manifeste contre l’arbre, et, à travers l’arbre, est aussi un attentat manifeste contre le propriétaire de l’arbre. De plus, si du bois coupé est dérobé à un tiers, ce bois est un produit du propriétaire. Le bois coupé est déjà du bois façonné. Le lien artificiel remplace le lien naturel de propriété. Donc qui dérobe du bois coupé dérobe de la propriété. Par contre, s’il s’agit de ramilles, rien n’est soustrait à la propriété. On sépare de la propriété ce qui en est déjà séparé. Le voleur de bois porte de sa propre autorité un jugement contre la propriété. En considérant indifféremment comme vol toute atteinte à la propriété sans désignation plus précise, toute propriété privée ne serait-elle pas du vol? ».
L’article de Marx rappele comment la fermeture des couvents et la suppression de leur secours aux pauvres avaient poussé « sans indemnité » ces derniers, ainsi « privés d’un droit ancien », sur le marché du travail. Car « tous les droits coutumiers des pauvres reposaient sur le fait que certain type de propriété avait un caractère indécis qui ne déterminait pas si, en dernière instance, cette propriété était privée ou commune. »
PS: L'Inem organise chaque année une visite de Trèves . L’année prochaine ils passeront par Liège pour embarquer des intéressés. La Braise Liège s’inscrit d’ailleurs dans tout un programme de visites et ballades, sur le thème des révoltes à Liège. N'hésitez pas nous contacter si vous souhaitez participer aux ballades ou à leur programmation...
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