18/11 15h30 « L’histoire des hôpitaux, dispensaires et maisons de retraite »

maison porquin

Dans le cadre du cycle "Des usines, des maisons et des hommes", aura lieu le 18 novembre 2009, à 15h30, une conférence intitulée : "Aller à Bavîre, l’histoire des hôpitaux, dispensaires et maisons de retraite" par Geneviève Xhayet, docteur en histoire et diplômée de l'Ecole des Hautes Etudes.

Le 16 septembre 1603, le prince évêque Ernest de Bavière fait don d'une propriété qu'il possède en Outremeuse, à la Confrérie de la Miséricorde chrétienne. Cette maison était construite sur une île par le banquier lombard Bernardin Porcini, d’où Maison Porquin. Aller à Bavîre devint synonyme d'aller à l'hôpital.
Extrait du règlement émanant du prince évêque Ernest de Bavière:
Chapelle Bavière" On n'admettra dans cette maison que les pauvres de l'un et de l'autre sexe, malades ou infirmes mais qui ne sont déshonorés, ni par leur vie, ni par leur famille. Nous excluons ceux qui ne sont pas de la Ville de Liège, à moins que quelqu'un ne veuille pourvoir à l'entretien... Nous excluons ... ceux qui souffrent d'un mal incurable, contagieux, infâme, contracté soit par leur propre faute, soit par leur lasciveté et ceux dont la vieillesse fait désespérer de ... leur rétablissement, les enfants et les mendiants publics, les insensés...; enfin les femmes enceintes."
La Révolution française met fin à ce système basé sur la charité. Les maisons des pauvres sont confiées à l’état (et évoluent rapidement en maisons de peines où les pauvres sont remis au travail).
Les Commissions des Hospices Civils, ancêtres de nos actuels Centres Publics d’Aide Sociale, reprennent entre autres les béguinages. En 1799, la pharmacie de Bavière devient la pharmacie générale des Hospices civils de Liège.
En 1890 l'administration des Hospices Civils décide de la construction d'un nouvel hôpital sur le site des Prés Saint-Denis. La photo montre l'hôpital avant 1890. La démolition de l’hôpital fit l’objet de discussions animées au Conseil communal de Liège, entre 1888 à 1903.

rue de BavièreNombreux étaient ceux qui plaidaient pour sa conservation et sa restauration. Hélas, l’autorité communale eut raison de l’édifice en 1904. On peut encore voir une représentation de la Maison Porquin sur une céramique située sur la façade Art nouveau conçue en 1907 par Joseph Barsin, au n° 9 de la rue Ernest de Bavière: un tag de protestation avant la lettre (« Bavière », un patrimoine peut revivre… Chronique du Vieux Liège N° 334 octobre décembre 2007)
La ville doit quand même démonter la chapelle et la remonter en 1894 à l’endroit qu’elle occupe aujourd’hui. Elle est donc, avec le porche, l’unique témoin encore vivant de l’hôpital du 17e siècle.
Dans 'Témoignage de l'Enfant de choeur' Simenon écrit: "Le porche de l'hôpital de Bavière franchi, on percevait les premières odeurs d'hôpital, puis, après une seconde porte, on se trouvait dans une vaste cour où se dressaient les pavillons. De loin, on devinait les cornettes blanches des bonnes soeurs qui se dirigeaient vers la chapelle" . La chapelle chaude et intime où Simenon, durant ses études primaires à Saint-André, servit la messe de 6 heures, est ce qui reste de l'hôpital démoli.

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