exposé introductif à la visite Forces Murales du 14 juin 2009

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Le groupe « Forces Murales » s’inscrit dans une longue tradition.
E n 1943, Somville rencontre Edmond Dubrunfaut, qui avait abordé les problèmes de l’art mural et s’intéressait vivement à la tapisserie. Ils obtiennent, en 1947, une commande de trois cents mètres carrés de tapisserie pour les ambassades belges à l’étranger. C’est Activa avant la lettre. Somville raconte: « Nous donnions du travail à des handicapés professionnels, et nous recevions en échange de cet effort sur le plan social, les 300 mètres carrés de tapisserie murale. Un 'Centre de Rénovation' et une 'Coopérative de production' furent organisés à Tournai. Ils donnaient des cours de dessin et d’histoire de l’art à des ouvriers et des ouvrières âgés de 30 à 60 ans qui n’avaient jamais dessiné, ni bien souvent dépassé le stade des études primaires. Ces lissiers firent un effort merveilleux. Malheureusement, Tournai nous fut guère accueillante. Au bout de trois années de luttes, notre 'Coopérative de production' fut mise en faillite. Les lissiers ont reçu leur salaire, mais les trois peintres-cartonniers 'bénéficiaient' des déficits accumulés par la 'Coopérative de production'».
 

Le groupe « Forces Murales » s’inscrit dans une longue tradition.
En 1943, Somville rencontre Edmond Dubrunfaut, qui avait abordé les problèmes de l’art mural et s’intéressait vivement à la tapisserie. Ils obtiennent, en 1947, une Dès 1947, fondation du mouvement « Art et Réalité » dont l’objet principal était de renouer avec la vie réelle, et « L’Atelier de Céramique de Dour » dont le but était de populariser l’art de la céramique. Toutes ces tentatives se heurtaient aux citadelles artistico-financières et à la politique du « Palais des Beaux-Arts de Bruxelles » qui préférant certaines écoles étrangères que d’habiles opérations avaient élevées au rang «d’art de classe internationale ». La grande fabrication non-figurative s’amplifiait. Who paid the piper ? La CIA finance en Europe, via Rockefeller, l'art abstrait pour faire barrage au réalisme socialiste.
En 1947 aussi Louis Deltour, Dubrunfaut et Somville créent le groupe « Forces Murales ».
Ils s’inscrivent dans une longue tradition.

Gustave Courbet, connu pour son tableau «L’origine du monde» de 1866, moins connu comme élu de la Commune de 1871, partant du constat que le peuple n’avait pas le temps de visiter les musées, appelait déjà les peintres à décorer les gares : « Oui, messieurs, les gares sont déjà les églises du Progrès, et deviendront les temples de l’Art. Entrez dans les salles d’attente ; et en voyant ces admirables locaux vastes, hauts, aérés et pleins de lumière, convenez qu’il suffirait d’y accrocher des tableaux, pour en faire, les plus introuvables des musées ; les seuls où l’Art peut réellement vivre. – Car, là où la foule se porte, là est la vie. »
Se libérer du ‘chevalet’
Dans les années 20 une série de peintres soviétiques essayent de se libérer du ‘chevalet’ et créent des "tableaux mouvants", des trains d'agitation couverts de peintures, des tramways d'agitation. "Le nouveau tableau sort de sa prison, des quatre murs du collectionneur et du mécène, dans la vaste arène publique pour se mettre au service des masses populaires. Son rôle ne se limite pas à l'exposition. Il apporte la culture aux masses par des millions de reproductions".
A la même époque naît en 1922 au Mexique le "Mouvement Muraliste" avec Diego Rivera et David Alfaro Siqueiros.
Somville s’interroge.
Dans son livre intitulé 'Pour le réalisme.Un peintre s’interroge', Somville écrit: "Nous avons cru que nous devions avancer par exclusions : que nous devions exclure la peinture à l’huile sous le fallacieux prétexte qu’elle était d’essence « bourgeoise » et acquise seulement par cette classe sociale, que l’art mural devenait le remède unique à l’individualisme dont nous souffrions...
Mais les peintres mexicains qui ont donné l’extraordinaire exemple d’un art à portée collective n’ontils pas continué à produire, parallèlement à l’art mural, des oeuvres de petits formats, à l’huile, au polyester, à la pyroxiline, à la couleur acrylique, etc. Il est évident que les découvertes sur petits formats peuvent servir un grand art public.
L’art mural, né d’exigences collectives est, aujourd’hui, aussi aliéné au système que la peinture de chevalet elle-même et souvent davantage, dans la mesure où il est non seulement conditionné par les mêmes rapports économiques et sociaux, mais encore contrôlé par le « client » avec d’autant plus d’attention que sa subversivité potentielle est destinée à toucher un public plus étendu".

Une démarche intéressante pour le trentième anniversaire du PCB
Quand ils durent évoquer par le pinceau les luttes ouvrières passées pour la décoration qu’ils produisirent pour le trentième anniversaire du PCB (1951), ils allèrent chercher leur inspiration dans les régions industrieuses de Wallonie, récoltant les témoignages auprès de vieux syndicalistes et d’anciens ouvriers. Ils se plaçaient ainsi en relais de la mémoire d’un peuple, ce peuple qui participait ainsi à la genèse de la création de l’oeuvre. Chacun d’entre eux tirait, de cette expérience et de traces documentaires des événements à évoquer (coupures de journaux, photographies anciennes, etc.), quelques esquisses. Puis, ils convenaient des expressions les plus fortes d’entre elles et approfondissaient collectivement le projet final qu’ils reportaient sur toile. Leur oeuvre ne s’arrêtait pas là. Ces oeuvres devenaient la base de leur création à venir. Présentées au public, elles étaient soumises à leur critique. Militants, ouvriers, jeunes artistes, etc., étaient appelés à donner leur avis à partir duquel les artistes de Forces murales questionnaient la valeur de leur expression.
La plupart des textes cités viennent de http://www.ihoes.be/Forces_murales_Art_manifeste/index.php

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